Etude Pinsent Masons : seule une entreprise sur quatre préparée au Brexit

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brexitA moins de sept semaines avant le referendum du Royaume-Uni au sujet de son adhésion à l'Union Européenne, seule une entreprise sur quatre au sein des trois plus importantes économies européennes a clairement planifié sa stratégie face à l'impact d'un vote en faveur du Brexit.

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Le cabinet international Pinsent Masons a mené une étude avec YouGov, qui a interrogé des décideurs de plus de 1000 sociétés britanniques, françaises et allemandes au sujet du Brexit.

Les principales conclusions sont les suivantes :

  • La recherche révèle un degré faible de préparation au Brexit au sein des sociétés britanniques, françaises et allemandes
  • Une entreprise sur cinq seulement a vu ce sujet abordé par son Comité de Direction
  • Une entreprise britannique sur dix admet avoir envisagé la délocalisation de ses opérations en dehors du Royaume-Uni

Alors qu'il reste moins de sept semaines avant le referendum du Royaume-Uni au sujet de son adhésion à l'Union Européenne, l’enquête révèle que, à ce stade, seule une entreprise sur quatre au sein des trois plus importantes économies européennes a clairement planifié sa stratégie face à l'impact d'un vote en faveur du Brexit.

  • Un quart seulement (26%) des organisations interrogées a défini un plan d'action à mettre en place face aux risques découlant d'un Brexit
  • Plus de la moitié des personnes interrogées (53%) a avoué que le sujet n'avait fait l'objet d'aucune discussion au sein du Conseil d'Administration
  • Une société britannique sur 10 a admis avoir envisagé ou planifié une délocalisation de ses opérations au Royaume-Uni vers un autre pays en cas de Brexit
  • Les entreprises françaises et allemandes sont plus susceptibles d'avoir étudié les opportunités commerciales pouvant découler d'un Brexit que les entreprises britanniques

Se préparer à faire face

Pinsent Masons révèle des chiffres démontrant que, bien qu'un certain nombre d'entreprises ait lancé une planification dans l'éventualité d'un Brexit, nombreuses sont celles qui n'ont pas encore envisagé les conséquences d'un Royaume Uni en faveur de sa sortie de l'Union Européenne.

Christoph Maurer, Associé Gérant du bureau parisien de Pinsent Masons, commente:

"Même si le sujet du Brexit jouit d'une certaine popularité dans la presse, nous constatons qu'il n'a pas encore fait son entrée au sein des Comités de Direction français. Notre recherche indique que près de deux tiers des sociétés françaises interrogées n'ont, au sein de leur Comité de Direction, ni soulevé la question des impacts que pourrait avoir un Brexit, ni établi de plan d'action dans cette éventualité."

"Il est important de se rendre compte qu'un vote du Royaume-Uni en faveur de sa sortie de l'Union Européenne aurait d'importantes conséquences pour toutes les entreprises, qu'elles aient des relations commerciales avec le Royaume-Uni et/ou y soient présentes ou non. "

"Certains économistes considèrent qu'un vote en faveur du Brexit pourrait profondément ébranler l'économie, voire même faire basculer le Royaume-Uni et la zone Euro dans une nouvelle récession. "

"Que l'on fasse cas de ce type de prédiction ou non, il est difficile d'imaginer que le cours des devises ne sera pas tout au moins impacté. L'incertitude qui règne autour du statut des citoyens britanniques travaillant en France et vice-versa pourrait également constituer un défi de taille."

"Les incertitudes d'un monde dans lequel le Brexit aurait eu lieu sont telles que la tentation pourrait être de ne rien faire jusqu'à ce que soient publiés les résultats du referendum. Notre conseil aux entreprises est toutefois de prendre certaines mesures dès à présent. Si personne n'est à même de se prémunir de tous les risques, il est cependant possible d'identifier les sujets sensibles et de réfléchir aux moyens d'en atténuer les effets."

"Dans tous les cas, il est encourageant de constater que près d'un cinquième (19%) des entreprises françaises auxquelles nous avons parlé ont commencé à identifier les opportunités commerciales qui pourraient découler d'un Brexit, contre seulement 13% des entreprises britanniques. Cela pourrait indiquer que certaines entreprises françaises gardent une attitude positive face à ce changement, malgré une majorité plus pessimiste. "

Une planification en amont

Le cabinet Pinsent Masons soutient que de nombreuses mesures peuvent être prises par les sociétés dès à présent afin de minimiser les perturbations que provoquerait un Brexit, depuis l'estimation du nombre d'employés susceptibles d'être touchés par les dispositions de liberté de circulation à l'étude du lieu et des modalités de détention des données client de l'entreprise.

"Il y a certaines choses simples que les sociétés peuvent faire, la première d'entre-elles consistant à identifier tous les contrats essentiels et à vérifier qu'ils tiendraient face au changement. Tout accord faisant spécifiquement référence à l'Union Européenne comme territoire régi par le contrat risquerait de manquer de clarté. Il sera certainement plus simple de s'accorder maintenant sur des modifications à ces accords, d'autant plus dans le cas de contrats qui n'ont pas encore été signés, qu'après un vote, une fois que les personnes assises de l'autre côté de la table sauront que le temps est compté", commente Guy Lougher, associé responsable de l'équipe Brexit de Pinsent Masons.

"Il est également surprenant, au vu des craintes de perturbation économique, de constater le peu d'entreprises ayant entamé des discussions avec leurs investisseurs et actionnaires quant à leur attitude face au risque à la suite d'un vote donnant la sortie du Royaume-Uni gagnante. Il semblerait judicieux d'aborder ces questions alors que nous évoluons encore dans des conditions relativement favorables."

"Ceci étant dit, il est encourageant de noter que certaines entreprises étudient les opportunités commerciales qui pourraient provenir d'un Brexit. Si cette réaction constitue l'une des deux mesures prises le plus volontiers par les sociétés françaises et allemandes, elle n'est pas aussi évidente pour les sociétés britanniques."

Influencer l'opinion publique

Le rapport Pinsent Masons/ YouGov indique que les grosses sociétés sont encore susceptibles de tenter d'influencer le résultat du vote, alors que près d'un tiers (32%) des 221 grandes entreprises britanniques interrogées* se disent prêtes à suivre les traces d'Airbus et à sensibiliser leurs employés aux conséquences qu'un Brexit aurait sur leur activité. Ceci, souligne Pinsent Masons, signifie qu'on peut s'attendre à ce que de plus en plus d'organisations dévoilent leur jeu à l'approche du vote.

"Durant le referendum écossais, nous avons vu une multitude de sociétés prendre conscience à la dernière minute des impacts qu'un changement constitutionnel pourrait avoir sur leurs organisations, et beaucoup pensent que ce revirement de situation a été déterminant. Si la communication interne parvient à influencer l'opinion publique, ce qui est souvent le cas, nous risquons de voir l'Histoire se répéter."

Répartition par secteur

Des secteurs plus spécifiquement couverts, le secteur des services financiers apparaît comme le plus préparé au changement, avec 58% des sociétés ayant déjà abordé le sujet du Brexit lors de leur Conseil d'Administration et 51% ayant défini un plan d'action. Ce secteur apparaît également comme le plus enclin à la délocalisation de ses activités, 18% des sociétés ayant envisagé ou planifié cette option.

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D'un pays à l'autre

Pinsent Masons note une certaine uniformité entre les degrés de préparation du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne, avec peut-être une préparation légèrement supérieure au Royaume-Uni, pour des raisons évidentes.

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