La confiance des dirigeants d’ETI et de PME poursuit sa dégradation en février, selon le 153ᵉ Baromètre PME‑ETI publié par Grant Thornton France. Réalisée du 22 janvier au 6 février 2026 auprès de 220 dirigeants par OpinionWay, en partenariat avec Challenges, l’enquête confirme un climat d’incertitude durable, marqué par une défiance croissante envers l’environnement politique et économique.
Une confiance au plus bas depuis mars 2022
Si la confiance dans leur propre entreprise remonte légèrement à 76 % (+5 points), ce rebond reste fragile. L’indicateur demeure nettement inférieur à son niveau d’il y a un an (84 %) et semble désormais s’installer autour de 70 %, un palier inédit depuis 2023. Les dirigeants intègrent l’hypothèse d’une croissance faible et d’une visibilité limitée, faute de signaux économiques clairs ou de trajectoire politique lisible.
Adam Nicol, président de Grant Thornton, explique ce paradoxe :
« Les dirigeants d’ETI croient en leur entreprise, mais ils ne croient plus dans le cadre qui les entoure. […] Ce dont elles ont besoin aujourd’hui, ce n’est pas d’un énième ajustement fiscal, c’est d’un cap. »
Une défiance accrue envers l’économie française
La confiance dans l’économie nationale recule encore à 25 % (‑2 points), son plus bas niveau depuis un an. Les dirigeants pointent une instabilité politique devenue structurelle : débats budgétaires interminables, usage répété du 49.3, motions de censure… L’adoption de la Loi de finances 2026 n’a pas suffi à restaurer la crédibilité de l’action publique.
Le commerce apparaît particulièrement exposé à cette morosité, pénalisé par la faiblesse de la demande et l’incertitude sur les perspectives 2026.

Des signaux contradictoires sur l’emploi
Les intentions d’embauche restent élevées : 15 % des entreprises prévoient d’augmenter leurs effectifs (+1 point). En parallèle, 9 % envisagent des réductions. Le solde d’emploi s’établit à +6 points, une progression ténue mais encore positive. Cette dynamique reste toutefois vulnérable à un retournement conjoncturel.

Un décrochage brutal de la confiance dans l’économie mondiale
Après un début d’année encourageant, la confiance dans l’économie internationale chute de 12 points, à 27 %. Les dirigeants évoquent des tensions commerciales persistantes, un climat géopolitique instable et des perspectives brouillées pour 2026. Le commerce, dépendant des flux internationaux, est de nouveau en première ligne.

Loi de finances 2026
La Loi de finances 2026 ne suscite ni adhésion ni rejet massif :
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50 % des dirigeants n’anticipent aucun impact sur leur activité ;
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40 % prévoient un effet négatif ;
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8 % seulement y voient une opportunité.
La suppression de la baisse des taux de CVAE, largement anticipée, ne modifie pas les décisions stratégiques : 85 % des dirigeants estiment qu’elle n’aura aucune incidence.

Un optimisme mesuré pour 2026 malgré un climat politique pesant
Malgré ce contexte, 55 % des dirigeants anticipent une croissance de leur activité en 2026, contre 43 % en 2025. Seuls 9 % prévoient un recul. Cet optimisme reste prudent : les chefs d’entreprise misent davantage sur leur capacité d’adaptation que sur une amélioration du cadre macroéconomique.

L’instabilité politique demeure la première source d’inquiétude pour 57 % des dirigeants, devant le contexte international (46 %) et les tensions géopolitiques (42 %). Une inquiétude désormais quasi structurelle.
