Perspectives économiques de la France en 2025 : BDO prévoit une croissance faible sous tension politique

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Selon le dernier rapport élaboré par Anne-Sophie Alsif, associée, cheffe économiste du cabinet d’audit BDO, et Sébastien Boch, consultant, BDO Advisory, la France enregistre une croissance économique ralentie en 2025, principalement en raison de l’incertitude politique et d’une baisse de l’investissement. Les auteurs de la note publiée le 4 février dernier, estiment que le PIB français ne progressera que de 1 % en 2025 et 2026.

La dernière note macroéconomique conduite par Anne-Sophie Alsif, associée et cheffe économiste chez BDO France, indique que l’investissement des entreprises subit un net recul, passant de -1,7 % en 2024 à -0,5 % en 2025, sous l’effet des incertitudes économiques et institutionnelles. Selon elle, ce repli freine la dynamique de reprise, bien que l’investissement devrait se redresser légèrement en 2026 (+1 %). Du côté du commerce extérieur, les exportations se stabilisent (+1,5 % en 2025), tandis que les importations repartent à la hausse (+0,7 % en 2025 contre -1,4 % en 2024).

Inflation en baisse, chômage en hausse

Le rapport note que la bonne nouvelle vient de l’inflation, qui poursuit son ralentissement et devrait atteindre 1,6 % en 2025, grâce à une politique monétaire efficace et au recul des prix de l’énergie et de l’alimentation. De la même façon, le rythme modéré du PIB reste soutenu par la consommation des ménages (+1,3 % en 2025). Toutefois, les auteurs rappellent que cette accalmie ne suffit pas à compenser les difficultés du marché du travail : le taux de chômage grimpe de 7,4 % en 2024 à 7,8 % en 2025, conséquence du ralentissement économique et du durcissement budgétaire.

Une situation budgétaire dégradée

Pour les auteurs, les finances publiques françaises restent préoccupantes. Ils estiment que le pays traverse une crise politique et financière qui l’empêche d’adopter un budget stable. La dette publique devrait atteindre 117 % du PIB en 2025, tandis que le déficit public reste élevé à 5,8 % du PIB malgré une légère baisse par rapport à 2024 (6 %). La charge des intérêts pèse de plus en plus lourdement sur les comptes publics, réduisant les marges de manœuvre budgétaires.

Un contexte européen de reprise lente

La note de conjoncture économique souligne qu’au sein de la zone euro, la croissance devrait légèrement accélérer à 1,3 % en 2025 et 1,5 % en 2026, portée par une reprise de la consommation privée et des investissements. Cependant, les divergences entre États membres restent un risque majeur, notamment en raison des écarts d’endettement public (de 28,5 % du PIB au Luxembourg à 141,7 % en Italie).

Une année à haut risque pour la France

En définitive, pour Anne-Sophie Alsif, en 2025, la France devra composer avec une croissance fragile, un chômage en hausse et des finances publiques sous tension. Elle estime que si l’inflation recule, l’investissement et la confiance des entreprises restent à des niveaux préoccupants. « La stabilité politique et la mise en place de réformes économiques crédibles seront essentielles pour restaurer une dynamique de croissance plus robuste », conclut-elle.

S.W.